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Ce qu’il convient maintenant de faire

Il ne s’agit pas de retourner à des modes de production antérieurs, de régresser. Le fruit de la civilisation est mûr : ne le laissons pas pourrir sur sa branche.

Au-delà des seules infrastructures présentes, tout ce qui a été accumulé en savoirs, en techniques, en savoir-faire nous est immédiatement disponible. Tout ce qui a déjà été fait pourra toujours être mieux fait.

Non, ce qu’il s’agit de faire, c’est de dépasser les contradictions du mode de production actuel, en abolissant, en résolvant définitivement ce qui, tout en le déterminant, le rend précisément caduque : il faut abolir le rapport de domination de l’argent, la subordination obligatoire de toute forme d’activité humaine à l’impératif de la plus-value capitaliste.

Le seul sens que puisse prendre l’histoire au moment même où s’invalident et se dissipent toutes les illusions du progrès capitaliste, c’est d’accéder à la conscience universelle par un retour à la naturalité essentielle de la communauté humaine. À la soumission passive de la conscience aux impératifs de reproduction du travail mort mortifiant toutes les formes résiduelles du travail vivant, devra succéder une prise en charge passionnée et universellement consciente de l’activité humaine vivante pour la reproduction de la vie elle-même, pour l’émancipation de la vie humaine au sein de la communauté universelle des communautés humaines. Alors seulement sera rétabli le rapport de l’homme à la nature ; la nature rétablie comme nature de l’homme.

La révolution est en cours : elle a commencé (il y a très longtemps) dès qu’elle fut nécessaire, au moment où se brisait ce rapport essentiel.

À son issue il ne peut y avoir d’alternative : ou la vie prendra conscience, ou elle disparaîtra, entraînant dans sa dissolution toute signification possible. Or, une chose peut être prise comme certaine : la conscience est possible. Elle est donc nécessaire.

« [P]our ne pas perdre les fruits de la civilisation, les hommes sont forcés, du moment où leur mode de leur commerce ne correspond plus aux forces productives acquises, de changer toutes leurs formes sociales traditionnelles. Je prends le mot commerce ici dans le sens plus général, comme nous disons en allemand : Verkher. »

Lettre à Annenkov, du 28 décembre 1846, cité dans Lettres sur « Le Capital », Éd. Sociales, Paris 1964, p. 28, dans L’Idéologie allemande, même, Paris 1976, p. XIX (Avant-propos de Gilbert BADIA) par Karl MARX

Bigue Nique

Nous proclamons l'immédiateté de l'avenir™.

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